La TINDA - Une monnaie pour les acteurs de la transition écologique et sociale en Béarn.


Drin de tot

Ici vous trouverez nos réflexions plus générales. Ce sont pour nous des objets de débats et non des textes de référence.

Pourquoi une MLC en Béarn ?

Avec ce projet, notre Association souhaite :

  • redynamiser l’économie locale. La tinda , non utilisable hors du Béarn, incitera à acheter et échanger « local » .Un nouveau souffle pour notre économie.
  • favoriser une production et une consommation plus respectueuses de la nature et des hommes. La charte à laquelle devront se conformer les producteurs permettra de participer à notre échelle à la réduction de la dette écologique. La MLC aidera à identifier aisément ceux qui s’engageront dans cette voie.
  • créer ou recréer du lien social, de la confiance, de la solidarité. en relançant et multipliant les contacts et échanges entre voisins d’un quartier, d’un village, du Béarn.

Reconnaissons toutefois, qu’il eût été plus facile d’utiliser l’euro pour atteindre ces objectifs .Il y a donc au moins une autre raison, une raison importante, majeure, qui explique que de multiples expériences de MLC voient le jour.

Cette raison est simple : travailler à la mise en circulation d’une MLC, expliquer autour de soi le but de cette démarche, doit amener les porteurs de projet d’abord, les utilisateurs ensuite, à s’intéresser vraiment au rôle réel que joue la monnaie dans notre société.

Pourquoi est-ce aussi important ? Simplement parce que « il est temps de comprendre que le système d’argent-dette-à intérêt , qui préside le monde, est à la source même des problèmes humains, économiques et écologiques que nous connaissons. » (P.Derudder- A.J.Holbecq, Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir).

En mettant en circulation une MLC nous créons les conditions particulières qui permettront à de nombreux citoyens de découvrir une réalité, qui faisait dire dès 1930, à Henry FORD, fondateur de la dynastie : « si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, il y aurait une révolution avant demain matin. »

Pour moi, le but essentiel, principal que nous devons viser à travers notre initiative est celui-là : faire comprendre au plus grand nombre possible, à quoi sert la monnaie, d’où elle vient, comment elle permet de nous asservir, que faire pour nous libérer de cet esclavage. Ceci est capital !

Allons- nous manquer cette opportunité ?

Raymond

Pourquoi nous a-t-on donné 10 000 € ?

Réponse : pour que nous en rendions 100 000 € !

Explications : Nous, association De Main en Main, porteuse de la Tinda, la monnaie locale complémentaire (MLC) du Béarn, allons toucher 10 000 € de subventions du conseil général des Pyrénées Atlantiques (janvier 2015).
La rapidité et la facilité avec laquelle nous avons obtenu cet argent nous a d'abord étonné(e)s. Cette subvention montre peut-être que le CG n'est pas frappé de cécité et reconnaît l'importance de notre démarche.

Dans une économie en croissance, la quantité de monnaie doit elle aussi croître, pour que les échanges économiques puissent avoir lieu. Dans les années 70 les gouvernements se sont interdits de faire eux-mêmes de la création monétaire (qu'ils assuraient entre autres en faisant tourner la planche à billets) et ont laissé ce pouvoir exclusivement aux banques commerciales. En effet, les banques créent de la monnaie à travers les crédits qu'elles accordent, la création nette étant l'intérêt du crédit (diminué de l’inflation). Rappelons que cette création entre dans le chiffre d'affaires de ces banques.

Revenons à nos Tindas. Si nous émettons et mettons en circulation 100 000 T! (tindas), où iront les euros que nous avons l'obligation de collecter en échange ? Sur le compte en banque de l'association, ouvert chez notre partenaire bancaire La Nef, à qui nous demandons d'utiliser cet argent (appelé fonds de garantie) pour financer des projets locaux et en accord avec notre charte.

Ce n'est donc pas directement (en argent comptant) que nous allons injecter ces 100 000 € dans l'économie locale, mais sous forme d'épargne disponible pour la financer, ce dont la Nef se chargera avec notre fonds de garantie.

La réponse à la question de départ pourrait même être 10 fois supérieure (un million d'euros) si on prend en compte le fait que les banques peuvent prêter 10 fois ce qu'elles ont en dépôt. Notre partenaire bancaire La Nef n'étant pas encore une banque, il faudra attendre quelques années pour ajouter ce 0 à droite de notre contribution à l'économie béarnaise.

L’utilité des MLC n’est plus à démontrer, de nombreuses villes et régions dans le monde créent d’ailleurs elles-mêmes leur monnaie locale. Les associations citoyennes qui prennent en main ce type de projet rendent donc service à l’administration publique. En effet, avec les MLC, les gouvernements retrouvent une possibilité de créer de la monnaie, et de favoriser les échanges locaux, en général plus respectueux des normes sociales et environnementales !

Marc, amendé par Annie, Jean-louis, Paule, Sami.

Pourquoi « parler monnaie » ?

  • Pour nous Association DMEM cela semble évident : il convient d’harmoniser nos points de vue sur ce sujet pour les autres, ceux qui considèrent la monnaie, l’argent, comme un objectif essentiel dans la vie, nous devons démythifier un sujet encore inconnu, secret, tabou.
  • Parler de monnaie nous amène assez vite à découvrir que toute monnaie n’est qu’un outil, un instrument d’échanges, un bien collectif, commun à tout groupe qui décide et accepte de l’utiliser comme tel. La monnaie, « convention sociale », « reconnaissance de dette collective » appartient de ce fait à ce groupe de personnes. Elle ne devrait pouvoir être créée, utilisée, distribuée, prêtée, gérée que par cet ensemble de personnes, ou en son nom. Voilà ce que devrait être la T!NDA!, mais également l’euro, monnaie nationale officielle.
  • Arriver à une telle conclusion nécessitera pour beaucoup de « faire sauter un verrou idéologique », tant l’idée que l’on se fait encore de l’argent est différente. Ce seuil, assimilé puis dépassé, nous amènera au constat inévitable que la réalité est à l’inverse de la logique que nous venons d’exposer.
  • Ce n’est pas un organisme public représentant l’ensemble des usagers qui crée prête et gère notre monnaie, mais un organisme privé, (les banques commerciales) qui travaille et décide, d’abord et avant tout dans l’intérêt d’une minorité privée, et non pas dans l’intérêt de tous, l’intérêt général, commun.
  • Pire, nous découvrirons que ces banques privées, prêtent notre argent à qui elles veulent, sans se préoccuper de savoir si le projet aidé, ou refusé, présente ou non un intérêt public.
  • Plus incroyable encore et insupportable, ces banques privées se comportent comme si cet argent leur appartenait et exigent de nous (particuliers, entreprises, services publics, collectivités territoriales, Etat,…) des agios pouvant doubler le montant des sommes prêtées.
  • Si on ajoute à ce constat que les banques privées agissent en toute légalité, c'est-à-dire que c’est une loi, prise par nos Elus, « au nom du Peuple Français, » qui leur a octroyé ces droits exorbitants, on comprend aisément pourquoi la petite minorité qui détient ce pouvoir ne souhaite surtout pas en parler.
  • On comprend également que la privatisation de notre monnaie en 1973 nous a rendus esclaves des banques privées et que la quasi-totalité de nos difficultés actuelles tient à ce système monétaire inique. Un système étendu à l’Europe par le traité de MAASTRICHT puis celui de LISBONNE.
  • On comprend enfin que nous ne devons surtout pas compter sur l’ensemble de ceux qui ont établi ou soutiennent ce système pour en changer.…

Raymond

Repli sur soi et ouverture

La monnaie locale complémentaire du Béarn, un repli sur soi ?

Oui, d'une certaine manière, mais aussi une ouverture. Essayons d’appréhender l'un et l'autre…

La Tinda, comme la plupart des MLC, est porteuse d'ouverture pour au moins 3 raisons :

  • Elle participe à un mouvement universel, celui de la création de monnaies locales, porteur d'ouverture puisque ces projets d'une part s'entraident au lieu de se concurrencer et d'autre part sont eux-même porteurs de coopération plutôt de que de compétition.
  • Elle veut stimuler les échanges entre les habitants du territoire en remplaçant des échanges habitant/multinationale par des échanges habitant/prestataire local.
  • Elle stimule déjà, ce texte collectif en atteste, les réflexions et les discussions sur la monnaie et le fonctionnement de notre société, ce qui participe à la prise de conscience de notre asservissement et est donc un pas vers une “libération”.

Mais ces éléments d'ouverture n'invalident pas la critique de repli sur soi qui peut être faite à la Tinda.
Quel serait la nature de ce repli ? Réactionnaire, identitaire, ou simplement un renoncement ou alors stratégique ? Pour nous la réponse est claire, s'il y a repli, il est stratégique, en réponse à une autre question : Sur quels terrains de jeu les initiatives citoyennes peuvent-elles s'exprimer et peser ?

Tout repli n'est pas mauvais et l'acte de repli n'est pas mauvais en soi, cela dépend du contexte. Une équipe de foot par exemple, qui à un moment perd le ballon et constate que les équipiers adverses sont dangereusement placés, opérera un repli qu'aucun supporter ne sifflera. De même un individu en difficulté pourra lâcher temporairement des engagements associatifs ou des projets personnels importants pour se recentrer, s'occuper de soi, jusqu'à que ça aille mieux.

Depuis environ un siècle, malgré deux guerres mondiales et de nombreuse guerres s'opposant aux mouvements de libération nationale, nous avons rêvé et expérimenté internationalisme, échanges multiculturels, consommation mondialisée, mutualisation (sécurité sociale, retraite), gouvernance supranationale (Charte des nations Unies, Engagements du Millénaire pour vaincre la faim et les maladies sur la planète), etc. Les avancées sociales ont été indéniables.
Sur ce terrain de la zone mondiale, reconnaissons que nous sommes maintenant en train de nous prendre une déculottée. L'écart entre riches et pauvres se creuse comme jamais, la faim dans le monde progresse à nouveau, la démocratie tourne à la farce (traité référendum Européen en 2005, TAFTA actuellement, etc). Nous nous sentons impuissants sur le terrain où se joue maintenant l’essentiel de nos conditions de vie et de notre avenir. Si à toutes les échelles les résistances populaires restent nécessaires, orienter au mieux nos luttes est toujours un impératif.
La Tinda est donc une lutte qui se concentre sur un territoire volontairement réduit, un territoire suffisamment petit pour que l'on puisse le parcourir sans jamais se sentir ailleurs, dont on peut embrasser les particularités culturelles, dont on peut comprendre les réseaux et s'y intégrer facilement. Un tel territoire est pour nous un territoire de reconquêtes possibles, à notre mesure.

Tout repli n'est pas bon non plu et nous faisons parti de ceux qui refusent les replis raciaux et les exclusions humaines. C'est l'économie et ses flux incessant de marchandises que nous voulons limiter et non les flux humains et les échanges culturels.

Alors oui, notre monnaie locale porte en elle un peu de repli sur soi, mais un repli assumé, qui n'est pas une fin en soi et espérons-le temporaire. C'est un outil pour transformer, modestement, notre société ici et maintenant, en même temps que d'autres groupes, dans les territoires voisins font de même. Et si nous avons choisi le Béarn, ce n'est pas par-ce-qu'il le mériterait plus qu'un autre découpage voisin ou à une autre échelle, mais simplement par-ce-que c'est là que nous habitons.
Il nous reste à imaginer les ponts culturels à créer, ou recréer, parallèlement à ces outils locaux pour que ces derniers ne deviennent pas à nouveau des frontières.

Eva, Julia, Marc, Mathieu, Paule, Sara et quelques autres.

Action citoyenne contre une Banque

Après l'action en justice menée contre la Banque centrale du Canada (appel gagné mais affaire toujours en cours), c'est une association de citoyens en Islande qui dépose plainte contre l’ensemble des banques islandaises sur les bases du rapport du parlementaire Frosti Sigurjónsson, parlementaire chargé par son Premier ministre d'enquêter sur le système monétaire de l'Islande et sa stabilité. Rien qui mette vraiment en péril le système à court terme. Mais quand même, les premières bulles dans le fond de la casserole qui annoncent que ça va bouillir… http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/scoop-plainte-contre-toutes-les-167890

drin_de_tot.txt · Dernière modification: 2016/05/28 20:08 par jean-louis